Dans le cadre d'un projet d'excellence du Cnam

Synthétiser l'artémisinine? Pourquoi et comment? La réponse en vidéo avec l'équipe Chimie molécualire du labo GBCM

Le Cnam, en partenariat avec l'ESPCI Paris, a obtenu en 2018, un financement de la Bill & Melinda Gates Foundation. La mission ? Participer à la découverte d'un moyen permettant la synthèse de l'artémisinine. Pourquoi ? Pour répondre à une demande très forte car cette molécule permet de soigner la malaria, maladie responsable de plus de 400 000 décès par an, et que la production agricole ne répond pas de façon satisfaisante à la demande...

Le Cnam, porteur de ce projet financé à hauteur de 300 000€, a travaillé en partenariat avec l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI Paris). Ce projet alliant chimie organique et chimie verte a été conduit au sein du laboratoire Génomique, bioinformatique et chimie moléculaire (GBCM) par l'équipe de Chimie moléculaire, dirigée par la professeur du Cnam Marc Port. Les responsables du projet étant le Docteur Zacharias Amara (Cnam) et la Professeure Janine Cossy (ESPCI Paris) dirigeant une équipe de quatre chercheur.euse.s post-doctorant.e.s.

Chemistry - Copyright The Noun Project by anggunL’artémisinine, championne de la lutte anti-malarique

La malaria, également connue sous le nom de paludisme en français, touche près de 216 millions de personnes dans le monde dans près de 91 pays. Ce fléau a entraîné la mort de près de 445 000 personnes en 2016. L’Afrique subsaharienne supporte une part disproportionnée de la charge mondiale de paludisme puisque plus de 90% des décès surviennent dans cette région du monde.

L’artémisinine est un produit naturel et principe actif de la plante chinoise Artemisia annua. Aujourd'hui elle est notamment la substance de base des médicaments anti-paludisme les plus efficaces car ce sont ceux pour lesquels il y a le moins de résistances. Car si l'on sait depuis longtemps traiter cette maladie, le problème est qu'elle évolue et devient résistante aux traitements.

Aujourd'hui les traitements à base d'artémisinine sont de loin les plus efficaces. La demande de cette molécule est donc extrêmement forte. La Chine est la grande championne de la production d'artémisinine qu'elle livre en quantités industrielles. Pas tant en termes de quantité que de régularité des approvisionnements. La production de la plante est soumise aux mêmes aléas que toutes les autres productions agricoles. Et en attendant, les moustiques, eux, continuent à piquer et les prix à s'envoler...

Spiderman - Copyright The Noun Project by athanagore xLa mission de nos super-chercheur.euse.s ?

La mission de nos supers chercheur.euse.s est aujourd’hui, et grâce au financement de la Fondation Bill & Melinga Gates, de faire mieux, pour beaucoup moins cher !

Le projet de recherche vise à utiliser les principes de chimie verte pour réduire les coûts de production d’une hémi-synthèse « chimique ». En effet, l’idée de nos chercheurs est d’utiliser une matière première précurseur de l’artémisinine présente dans la plante en plus grande quantité mais inactive contre la malaria. Ce précurseur « biosynthétique » est une matière première idéale que nos chercheur.euse.s vont transformer en artémisinine via un procédé le plus écoresponsable possible afin de minimiser les déchets, les dépenses énergétiques… et donc les coûts.

Les chercheur.euse.s du Cnam ont d’ailleurs publié un article à ce sujet dans une revue à comité de lecture (ACS Catalysis). L’idée présentée est de recycler les réactifs et d’accélérer les réactions chimiques pour réduire les coûts tout en optimisant la qualité du produit.

« Le financement de la Fondation Bill & Melinga Gates va maintenant nous donner les moyens d’optimiser également le nombre d’étapes de synthèse et la production à l’échelle pilote. » raconte Zacharias Amara, responsable et coordinateur du projet au Cnam.

Vidéos

La synthèse de l'artémisinine au service de la lutte contre la malaria

Des chimistes sous le feu des LED : découvrons leur travail en laboratoire